Communiqué de presse de la Séléka 0114

Publié le par Wakodro

COMMUNIQUE DE PRESSE 0114

Relatif aux derniers évènements de Dékoa, Bangassou, Bria et Grimari

La Direction politique de l’ex coalition Séléka condamne tous les malentendus entretenus autours des derniers évènements survenus dans les différentes villes Centrafricaines à savoir Dékoa, Bangassou, Bria et Grimari.

A Dékoa, des groupes armés Antibalaka ont attaqué les positions des soldats de la Séléka, après s’être assurés que le convoi transportant des civils musulmans eut quitté la ville de Bossangoa en direction du Tchad voisin avec les derniers soldats du contingent Tchadien de la MISCA.

A Bangassou, le Commandant de Brigade de Recherches et le chef autoproclamé de la jeunesse de Bangassou ont constitué sur place une branche des Antibalaka. Ils ont attaqué les civils musulmans de la ville en emportant tous leurs biens après avoir saccagé leurs habitations, sous le regard impuissant du détachement de la MISCA (RD Congo). Un escadron de la Séléka, exaspéré, a tenté d’y aller pour conduire les victimes hors de cet enfer, mais il a été sommé par la MISCA de rebrousser chemin.

A Bria, les populations civiles, chrétiennes et musulmanes, suite aux tirs d’un hélicoptère Sangaris contre le véhicule du Colonel Ousta, Commandant de la Zone militaire Haute Kotto, ont manifesté leur mécontentement en refusant l’hospitalité aux forces Sangaris. Les soldats de la Séléka, se rappelant des lynchages et des scènes d’anthropophagie contre des sujets musulmans dans la zone ouest du pays, se sont également opposés farouchement à l’arrivée de Sangaris. Le mercredi 09 avril 2014, le Général Mohamed Moussa Dhaffane, Président ad intérim de l’ex coalition, a improvisé une mission d’urgence pour calmer les esprits. Ce qui fût fait, quand, accompagné de l’État Major de la MISCA, il a constaté une situation extrêmement explosive. Ayant écouté toutes les parties, il a exhorté pour un apaisement et un retour au calme. Un affrontement a été évité de justesse.

Malheureusement, contrairement à une attitude d’apaisement, après le départ de la mission, les éléments Sangaris ont tenté de montrer leur supériorité militaire en voulant patrouiller avec les dizaines de véhicules armés dans le but probablement d’intimider ce qu’ils considéreraient comme l’ennemi. La tension est subitement montée lorsque des éléments Sangaris ont tiré des coups de feu pour disperser les manifestants. Ceux-ci ont enregistré une victime qui a succombé après sa blessure par balle. Deux autres sont seulement blessés. La situation demeure tendue malgré la mission Gouvernement/Sangaris du jeudi 10 avril 2014. Une partie des troupes MISCA/Sangaris ont quitté la ville tandis que le reste est cantonné près de l’aéroport.

A Grimari, dans le même temps, des groupes armés Antibalaka ont attaqué les positions des soldats Séléka basés depuis fort longtemps dans la ville. Ils ont surgit du bois après avoir été chassés lors des premières tentatives pour eux infructueuses. Les combats continuent sur le terrain. Aucun bilan n’a été fourni.

Devant ces faits, la direction politique de l’ex coalition Séléka déplore l’absence de concertation dans les initiatives unilatérales des forces internationales qui croient parvenir à une solution qui écarterait le volet politique de la crise. Ainsi, quelques officiers généraux tentent improductivement de contourner les vrais centres de décision de la Séléka, induisant du coup la communauté internationale dans l’erreur.

Aussi, tout en restant attachée à l’Accord politique CEEAC/RCA de N’Djamena du 10 janvier 2014 ayant permis la démission de l’ancien Président Michel Djotodia et l’élection de la Présidente Catherine Samba-Panza, l’ex coalition Séléka demande impérativement aux forces internationales en Centrafrique de trouver une solution sécuritaire d’urgence en faveur des musulmans encore et toujours cantonnés à Boda, KM5, PK12, Bangassou et autres.

La direction politique de la Séléka attire l’attention de la communauté internationale sur les conséquences de toute tentative de désarmement forcé avant un processus de paix crédible et cohérent impliquant toutes les communautés.

Fait à Bangui, le 14 avril 2014

Général Mohamed Moussa Dhaffane,

Président ad intérim Séléka,

Ancien Ministre d’Etat

Publié dans Communiqués

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