Discours du Général Dhaffane du 30-03-14

Publié le par Wakodro

DISCOURS DU GENERAL DHAFFANE DE LA SELEKA

LORS DE L'ATELIER ORGANISE PAR "OPINION INTERNATIONALE"

DANS L'HEMICYCLE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE A BANGUI

Je ne vais pas vous prendre beaucoup de temps, car je pense que beaucoup de belles paroles ont été dites ici bien avant moi.

Permettez-moi de rappeler quand-même les paroles très anciennes mais toujours vivaces du Verbe de Dieu, le digne fils de la Vierge Immaculée Marie. Jésus, Paix et Bénédictions sur lui, a dit, je cite : « que celui qui n’a pas péché jette la première pierre », fin de citation.

Permettez-moi aussi de me souvenir en cette circonstance pour votre gouverne les paroles très profondes du Messager de Dieu, le Sceau des prophètes. Mouhammad, Paix et Bénédictions sur lui, a dit, je cite : « nul n’atteindra la foi véritable que lorsqu’il aura désiré pour son frère ce qu’il désire pour lui-même », fin de citation.

Ces paroles de sagesse, à mon avis, doivent être au centre de l’Action politique dans toute société humaine. Ça permet de minimiser la glorification ou le culte de soi, et ça aide à agir bien pour le bien de tous.

Auguste assemblée !

Il ne faut jamais craindre un humain mais plutôt redouter sa risée. Pour éviter de faire l’objet de la risée des autres, il faut tout simplement être honnête, car l’honnêteté est le meilleur manteau qui couvre la nudité d’un homme publique. Soyons donc honnêtes et sincères envers nous même et envers les autres.

C’est pourquoi, lorsque des personnalités responsables investies de pouvoir de décision se retrouvent, discutent et décident de quelque chose, eh bien la moindre honnêteté c’est de respecter ce qu’ils ont ensemble décidé. Peu importe l’appellation qu’on voudrait lui donner, mais cela s’appelle, en terme juridique, ACCORD. Et la première erreur – et non des moindres - en politique, c’est de manquer à sa parole.

Plusieurs fois, j’ai dit au Président François Bozizé d’appliquer les Accords de Libreville. Cela garantirait la stabilité de son pouvoir jusqu’en 2016. Faute de quoi, il y’a eu le 24 mars 2013, date de la prise du pouvoir de l’État par la coalition Séléka.

Face au problème de gouvernance, j’ai dit au Président Michel Djotodia de convoquer d’urgence un dialogue inter Séléka afin d’arrêter les exactions et les dérives du pouvoir. Faute de me suivre, il y’a eu le 10 janvier 2014.

Aujourd’hui encore je demande l’application de l’Accord politique de N’Djamena, car cet Accord politique négocié est l’élément fondateur de la transition en cours. Il permet de ramener la paix et la confiance indispensables à un processus de réconciliation entre les communautés afin de restaurer la Concorde nationale. Ne pas le respecter, c’est remettre en cause la légitimité voire la légalité de la transition. Et figurez-vous que Dieu n’aime pas les transgresseurs, les contrevenants. Même ceux qui ne respectent pas le code de la route sont un danger pour les autres, à plus forte raison les accords politiques qui règlementent la vie de toute une nation. Par conséquent, j’en appelle solennellement à la conscience de celles et ceux qui sont encore hostiles à l’Accord politique de N’Djamena de nous aider à abréger les souffrances du Peuple centrafricain.

Et puis, quelque soit ce qu’on pourrait lui reprocher, je vous assure qu’à N’Djamena le Président Michel Djotodia a fait preuve de grandeur et de responsabilité puisque, malgré toute la puissance de feu de la Séléka qu’il avait à sa disposition, il a accepté de négocier son départ et de démissionner pour éviter à notre pays un bain de sang. Il mérite d’en être respecté et remercié.

Par ailleurs, tout homme est faillible. Et dans cette crise tout le monde a failli. Les Forces internationales aussi ont failli. Elles se sont déployées en fondant leurs opérations sur des rapports tendancieux dressés et fournis par des acteurs Centrafricains animés de leur désir à en découdre avec une composante de la Nation centrafricaine. Une attitude sociopolitique aux antipodes de la vision de feu Barthélémy Boganda, Président Fondateur de la République Centrafricaine.

Toutefois, j’ose le croire, il n’est jamais trop tard pour bien faire. On peut encore changer les choses. Il suffit d’agir bien pour le bien. Agir bien pour le bien.

Vive le retour de la paix basée sur la confiance et non la défiance !

Je vous remercie.

Général Dhaffane (signature du pacte fondé sur l'héritage de Barthélémy Boganda)

Général Dhaffane (signature du pacte fondé sur l'héritage de Barthélémy Boganda)

Photo de famille (fin des travaux)

Photo de famille (fin des travaux)

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